ARTHROSE (2026)

Arthrose et Alimentation : Comment réduire l’inflammation et la douleur ?

Longtemps considérée comme une simple fatalité liée à l’âge ou à une usure mécanique (« la machine qui rouille »), l’arthrose est aujourd’hui reconnue par la science comme une pathologie bien plus complexe.

Ce n’est pas seulement le cartilage qui s’use : c’est l’ensemble de l’articulation qui souffre d’un processus inflammatoire chronique. La bonne nouvelle ? Si nous ne pouvons pas « réparer » le cartilage disparu par magie, nous avons un levier puissant pour agir sur cette inflammation et la douleur : notre assiette.

Cet article fait le point sur les stratégies nutritionnelles validées par la recherche récente pour améliorer votre qualité de vie.

Le Poids : Le facteur n° 1 (Mécanique et Chimique)

Avant même de parler de curcuma ou de vitamines, il faut aborder le sujet qui fâche, mais qui est pourtant le plus efficace : la gestion du poids.

La recherche scientifique est formelle : une perte de poids, même modérée (5 % du poids corporel), réduit significativement les douleurs et le handicap liés à l’arthrose. Pourquoi ?

  • Quel est l’effet mécanique ? Moins de poids, c’est tout simplement moins de pression physique exercée à chaque pas sur les genoux et les hanches.
  • Quel est l’effet chimique (Adipokines) ? C’est la grande découverte de ces dernières années. Le tissu adipeux (la graisse) n’est pas inerte. Il se comporte comme un organe qui sécrète des molécules inflammatoires appelées adipokines. Ces molécules voyagent dans le sang et entretiennent l’inflammation partout, y compris dans les articulations qui ne portent pas de poids (comme les mains). Perdre du gras, c’est donc réduire l’usine à inflammation.

Le Modèle Méditerranéen : L’approche validée

Oubliez les régimes miracles. L’approche qui bénéficie du plus fort niveau de preuve scientifique aujourd’hui est le régime méditerranéen. Une méta-analyse récente a montré que les patients arthrosiques suivant ce modèle ont une meilleure qualité de vie et moins de douleurs.

Les piliers du régime méditerranéen :

  • Abondance de végétaux : Légumes, fruits, légumineuses, noix.
  • Bonnes graisses : L’huile d’olive (riche en polyphénols) est la graisse de référence.
  • Oméga-3 : Ils visent à équilibrer le rapport oméga-6/oméga-3 pour freiner la production de molécules inflammatoires (prostaglandines).
    • Où les trouver (mer) ? Poissons gras (sardines, maquereaux, harengs).
    • Où les trouver (terre) ? Huile de colza et de noix en assaisonnement, graines de lin et de chia.
  • Peu de viande rouge : Au profit des volailles et des protéines végétales.

Les Nutriments Boucliers à ne pas négliger

Au-delà de l’assiette globale, certains micronutriments jouent un rôle clé dans la santé de vos articulations.

Le duo ostéo-articulaire : Vitamines D et K

  • Pourquoi la Vitamine D ? Un déficit est associé à une progression plus rapide de l’arthrose du genou. Elle est indispensable pour l’os qui soutient le cartilage.
  • Pourquoi la Vitamine K ? Souvent méconnue, elle intervient dans le métabolisme des protéines du cartilage et de l’os.
    • Où la trouver ? Dans les légumes verts à feuilles (chou kale, épinards, brocolis), mais aussi dans les herbes fraîches (persil, ciboulette) et les huiles de colza ou soja.

Les Fibres et le Microbiote

C’est la révolution du « ventre ». Des études montrent que les fibres alimentaires réduisent l’inflammation systémique. Le mécanisme ? Elles nourrissent notre microbiote intestinal, renforçant la barrière intestinale contre le passage de molécules inflammatoires dans le sang.

  • Quel objectif ? Augmentez progressivement votre apport en fibres variées, en respectant votre tolérance digestive.
  • Comment faire concrètement ? L’idée n’est pas de compter chaque gramme, mais d’intégrer une portion de légumineuses, 2 à 3 fruits entiers, et une portion généreuse de légumes à chaque repas, selon votre confort.

Le Bonus Boisson : Le Thé Vert

Riche en polyphénols spécifiques (notamment l’EGCG), le thé vert possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes puissantes qui pourraient aider à protéger le cartilage. Une excellente alternative au café.

Ce qu’il faut limiter (Les pro-inflammatoires)

Pour calmer le feu, il faut arrêter de jeter de l’huile dessus. Certains aliments sont reconnus pour augmenter les marqueurs de l’inflammation (comme la CRP).

  • Aliments Ultra-Transformés : Plats industriels, snacks, biscuits. Ils sont souvent riches en additifs et pauvres en nutriments.
  • Viande rouge et charcuterie : Riches en acides gras saturés et en acide arachidonique (un oméga-6 pro-inflammatoire), leur consommation excessive favorise l’inflammation articulaire.
  • Sucres raffinés et Graisses Trans : Sodas, pâtisseries industrielles, fritures. Ils favorisent le stress oxydatif.
  • Alcool : Une consommation excessive est corrélée à une augmentation de l’inflammation dans les articulations.

Nuances sur les régimes « Sans » et « Alcalin »

Le régime « Alcalin » (et l’indice PRAL)

Le concept d’équilibre acido-basique est souvent mal compris. Le corps régule son pH sanguin au millimètre près, quoi que vous mangiez.

Cependant, l’alimentation dite « alcalinisante » (ou à indice PRAL négatif) est bénéfique non pas parce qu’elle change votre pH, mais parce qu’elle vous incite à manger massivement des fruits et légumes (basifiants) et à réduire les produits transformés et carnés (acidifiants). C’est un excellent guide pratique.

Le régime Seignalet (Hypotoxique)

Populaire en France, ce régime (sans gluten, sans laitages, cuisson douce) a aidé de nombreux patients. Toutefois, il est important de noter qu’il n’a jamais été validé par des études cliniques rigoureuses (randomisées contrôlées).

Les bénéfices ressentis viennent souvent de la suppression des aliments ultra-transformés (qui contiennent souvent blé et lait) et de l’augmentation massive des végétaux, plutôt que de l’exclusion stricte du gluten ou du lactose en soi (sauf intolérance avérée).

Compléments et Mouvement : Le mot de la fin

Attention aux promesses

Depuis 2012, les autorités européennes sont très strictes : peu de compléments ont le droit de revendiquer un effet « anti-arthrose » prouvé. La glucosamine ou la chondroïtine ont des effets variables selon les individus. Restez prudents face aux allégations marketing.

Le mouvement est le meilleur aliment du cartilage

L’alimentation ne fait pas tout. Le cartilage n’est pas vascularisé : il se nourrit grâce aux variations de pression lorsque vous bougez. La sédentarité affame votre cartilage. Une activité physique adaptée est indissociable d’une bonne alimentation.

En résumé : Les 5 réflexes anti-arthrose

  1. Surveillez votre poids (effet mécanique + adipokines).
  2. Adoptez le modèle méditerranéen (végétaux + huile d’olive).
  3. Misez sur les vitamines D et K (le duo os/cartilage).
  4. Misez sur les fibres (progressivement, pour le microbiote).
  5. Bougez (pour nourrir votre cartilage).

Conclusion

L’alimentation ne guérit pas l’arthrose et ne fait pas repousser le cartilage disparu. C’est un message d’honnêteté important.

Cependant, adopter une alimentation de type méditerranéen, riche en fibres, en oméga-3 et en vitamines D/K, tout en surveillant son poids, est l’un des moyens les plus puissants pour réduire la douleur, freiner l’évolution de la maladie et retrouver une liberté de mouvement.

3 réponses sur “ARTHROSE (2026)”

  1. CateLafarge dit :

    Le vin est-il acidifiant ? Merci.

    • Muriel dit :

      Bonjour,

      Comme j’ai pu répondre dernièrement sur un commentaire de la page « Régime alcalin : principes », pour savoir si le vin est acidifiant, il faut mesurer son impact physiologique sur vous-même et prendre en compte les informations dont on dispose à son sujet.

      Le vin est une tradition française, il rime donc généralement avec la convivialité, la détente et participe de ce fait à un bien être psychologique (dans une consommation limitée et ponctuelle bien évidemment).

      Dans la composition, il y a généralement 12-13% d’alcool, alcool qui est de base un produit toxique pour le foie. Ainsi, si vous êtes en surpoids, que mangez beaucoup sucré (notamment des produits à base de fructose) ou que vous mangez beaucoup salé (produits industriels, charcuterie, etc.), on pourrait facilement faire pencher la balance vers un effet acidifiant du vin.
      De plus, les vignes sont les cultures les plus traitées en France, vous retrouvez donc systématiquement des produits phytosanitaires dans votre verre. Ainsi, en plus de l’alcool, le foie est de nouveau mis à l’épreuve puisque l’un de ses rôles est de filtrer tous les poisons. Si votre vin n’est pas bio, il ira donc davantage dans le sens d’une acidification de l’organisme. Il ne faut pas oublier non plus que cette acidification par les pesticides/alcool peut se faire sur le long terme, prendre plusieurs années car ce n’est pas toujours la dose qui fait le poison, il y a la période (la femme enceinte notamment), la durée (dont on ne mesure pas les effets car les études sont majoritairement sur le court terme) et l’effet cocktail.

      Sur des aspects plus positifs, le vin est acide (ph à 3.6 pour du vin rouge) mais cela ne veut pas dire qu’il est acidifiant. L’indice PRAL donne une valeur négative donc en théorie, il serait plutôt alcalinisant. De plus, il est réputé pour contenir des antioxydants, notamment le « resveratrol » qui aurait des effets bénéfiques pour le cœur selon certaines études (à raison d’un verre par jour).

      Conclusion à prendre avec des pincettes mais si on généralise à partir de ce que l’on sait à l’heure actuelle, le vin présente des risques (acidification et autres) d’autant plus élevés que la consommation est régulière ou habituelle et à des doses qui vont au-delà du simple verre par jour. A mon avis, il convient, dans tous les cas, d’accentuer les limites de sa consommation en fonction de son état de santé actuel et de son alimentation quotidienne.

  2. CateLafarge dit :

    Merci Muriel, c’est très clair !

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